Un CEP Opont sans Gaillot Dorsinvil

Samedi 24 Janvier 2015 7:27 AM Posted by JUNIAS JEAN JACQUES

Neymar en forme s'offre un doublé 

Personne ne l’attendait. Il a pourtant été désigné par les patrons d’Haïti pour les représenter au CEP. Pierre-Louis Opont a encore surpris en devenant le nouveau président du Conseil. Il a obtenu, selon des sources proches du Conseil, quatre votes contre trois pour Lucie Carmelle Paul Austin et deux pour Néhémie Joseph lors d’une élection organisée entre conseillers, quelques heures après leur installation, ce vendredi 23 janvier 2015. Pierre-Louis Opont, juriste, diplômé en économie, finance, gestion des affaires, expert-comptable, professeur d’université et consultant…revient en territoire connu à la rue Moïse. Il a été directeur général du très décrié conseil électoral présidé par Gaillot Dorsinvil dont le nom reste synonyme de fraudeur. Seul, abandonné par Gaillot Dorsinvil avec qui il avait donné une conférence de presse passée à l’histoire en t-shirt noir et casquette, Pierre-Louis Opont, sans se dérober, a répondu aux questions de la justice mi-2011 alors que des conseillers enfilaient leurs costumes marron. « Je n’ai rien à voir avec les éventuelles fraudes dénoncées dans la presse », avait soutenu Opont, qui a toujours collaboré avec la justice. Pas de suite. Pas de condamnation. Pas de non-lieu non plus aux dernières nouvelles. Pierre-Louis Opont, voix de tonnerre, capable de réponse cassante, met en avant son respect de la loi. Il remonte le temps. « Le DG au sein du CEP Gaillot avait la charge de l’ensemble des opérations électorales jusqu’à la transmission des résultats reçus du CTV au président du Conseil. Ces résultats sont considérés comme préliminaires en attendant la période de contestations prévue par la loi. Les résultats définitifs sont publiés par le Conseil après les décisions des tribunaux électoraux », a répondu jeudi Pierre-Louis Opont au journal sur ses responsabilités au CEP. N’est-ce pas un boulet qu’on traîne d’être du CEP de Gaillot Dorsinvil ? En ce qui le concerne, il a souligné que « l’on ne peut pas vouloir évaluer objectivement le travail de l’arbitre d’un match de foot quand on refuse de se référer exclusivement aux règles du jeu ». « Il ne s’agit pas de savoir si le joueur a fait exprès ou non, mais plutôt s’il a touché le ballon dans la surface de réparation. Toute la question est là », a insisté Pierre-Louis Opont. Son expérience fait à la fois sa force et sa faiblesse. Aux premières loges, il était forcément le témoin privilégié des dernières élections émaillées de fraudes massives perpétrées par presque tous les acteurs, surtout Inite, la plateforme politique proche de René Préval. Il était là aussi quand la communauté internationale, avec Edmond Mulet, patron de l’ONU et Kenneth H. Merten, ambassadeur des USA et d’autres ambassadeurs étrangers avaient forcé la mise à l’écart, sous pression, de Jude Célestin, au profit de Michel Martelly, le seul candidat capable à l’époque de mobiliser la rue. Pierre-Louis Opont, qui n’a pas écrit de livre, comme la conseillère électorale Ginette Chérubin, auteur de l’ouvrage-témoignage « Dans le ventre pourri de la bête », rempile pour une nouvelle aventure, pour écrire une nouvelle page de sa vie et de la vie de la République. Pour certains, il est l’homme des Blancs. Pour d’autres, celui de René Préval. Sur la rive gauche de la rivière, Pierre-Louis Opont est appelé à traverser le pont de la suspicion, du préjugé défavorable avant d’organiser les prochaines élections que le Premier ministre Evans Paul souhaite « bonnes et pas chères ».

 

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